Conférence 1855Le 4 février 2015, les MSc&MBA accueillaient de nombreux invités dont Michel Bettane (critique et auteur) et Paolo Basso (meilleur sommelier du monde 2013) pour célébrer le 160e anniversaire du classement des vins de Bordeaux, (dit « classement 1855 »). Pour l’occasion, Guy Charneau et Jean-Charles Chapuzet étaient également présents afin de présenter leur nouvel ouvrage : 1855 les grands crus classés.

Les étudiants ont pu déguster 11 vins exceptionnels : château Talbot, Prieur-Lichine, Beychevelle, Clos Labory, Gruaud Larose, Brane Cantenac, Ferriere, Haut-bages Libéral, Clos Haut-Peyraguey, La Tour Blanche et de Rayne Vigneau.

Les classements et la hiérarchisation sont connus comme étant des besoins et attentes typiquement français. En effet, le classement de 1855 a été créé par des courtiers à la demande de Napoleon III pour permettre au marché d’avoir des repères. C’est en se basant notamment sur les prix pratiqués à l’époque que les courtiers ont listé et classé les meilleurs crus du Médoc et de Sauternes. Ce classement est a été revu une seule fois (en 1973, pour passer Mouton Rothschild de 2nd à 1er) alors que certains domaines ont été morcelés ou revendus de nombreuses fois. Les créateurs du classement n’avaient pas imaginé que ce classement obtiendrait une telle valeur de « Bible » et serait la source de nombreuses jalousies : « Il a été très bien fait mais ce que nous n’avions pas prévu était d’une part l’évolution législative des châteaux et d’autres part, la notion de marque que ces châteaux ont développée ».

Faut-il créer de nouveaux classements pour autant ? C’est ce qui a été fait dans les Graves et à Saint-Émilion. Ces derniers sont révisables mais des divergences ont lieu à chaque fois. Certaines marques créent leur propre renommée et refusent tout classement officiel, comme à Pomerol. Car il faut le rappeler, la vrai qualité aujourd’hui ne se retrouve pas dans un classement : avoir « la capacité à faire du bon vin et à le faire savoir » est essentiel.

Afin de contrebalancer les classements, les américains, comme Parker, ont commencé à mettre des notes. Seulement, personne n’est capable de tout déguster et d’avoir une opinion sur tout. Certaines personnes s’interrogent sur le fait que les notes devraient être liées aux prix mais cela semble impossible. « Le problème est qu’on met toutes les notes dans le même panier. Ce qui ne veut plus rien dire ». L’émergence d’un Chinese Parker n’est plus qu’une question de temps.

Un bon tasting doit se faire dans la même région par même catégorie et à l’aveugle afin d’être le plus juste et impartial possible. Les Grands Crus sont toujours dégustés en bande.

Pour clôturer la conférence M. Bettane s’étend sur le métier qu’est le sien, celui de critique : « le plus grand plaisir d’un critique c’est de trouver des choses bonnes et de pouvoir les partager. Pour être un bon critique il faut aimer aimer et non aimer critiquer ».

 

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